La terre crue
La diversité des techniques autour de la construction terre donne le vertige. Et c’est d’ailleurs encore aujourd’hui le matériaux principal du patrimoine bâti mondial… Contrairement aux idées reçues, cette matière n’est pas une matière du passé réservé aux « casbas » africaines (cliché). L’architecture contemporaine peut très largement avoir recours à ce matériaux. Les avantages sont multiples. Mais les freins aussi puisque la formation des artisans est rare sur ces techniques et qu’il y a un fort besoin de main d’œuvre.
En 4 ans d’études supérieures dans le bâtiment, j’ai eu le droit à 3h de cours sur la terre crue… Rien d’étonnant de ce fait qu’il n’y ai pas de mouvement massif vers ces techniques.
Jusqu’à quand ?
Car au delà des problèmes de formation et de main d’œuvre (qui pourraient être réglé par des directives politiques), ce matériau rempli toutes les cases du matériau idéal et peut être utilisé pour 4 grandes catégories intéressantes :
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La structure : technique du pisé, brique de terre crue (adobe), BTC (brique de terre compressée), etc…
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Correcteur thermique : en mélange avec de la paille ou du chanvre, on peut couper la sensation de parois froides et « isoler » pour peu de frais.
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Apport d’inertie : en utilisant la terre à l’intérieur d’un logement, vous augmentez la capacité de stockage de chaleur dans vos murs. Cela peut être très intéressant pour le confort d’été, mais aussi le confort d’hiver.
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Enduit de finition : la seule limite à cette étape est votre imagination car tous les designs peuvent faire appel à la terre crue.
Autour de ces diverses catégories d’utilisations et suivant les techniques constructives locales, vous trouverez forcément un endroit dans votre projet ou la terre crue peut être intéressante.
Pour ce chantier, nous avons fait le choix de fermer les caissons d’ossatures bois avec des panneaux de fibre de bois dense qui nous serviront de support d’enduit. On réalisera en premier lieu un corps d’enduit terre (du site) et paille sur une épaisseur de 2,5 cm. Le choix de travailler avec la terre du site est le plus pertinent mais il faut garder en tête que la préparation est très longue (d’autres solutions existent). Un long temps de séchage est nécessaire pour appliquer par la suite l’enduit de finition. Sur ce projet, nous avons fait le choix de travailler avec de la terre blanche (la carrière se situe dans la Drôme) pour un rendu contemporain. Pour nous, il s’agissait de montrer que la terre peut s’utiliser dans tous les projets et qu’il faut casser les idées reçues autour de cette matière.
Vous trouverez aussi sur cette page quelques photos d’un autre chantier sur lequel nous avons réalisé, avec l’association Loko, un enduit terre (monocouche) sur moellons. Un bel exemple de la diversité possible d’utilisation.
Voilà pour les quelques mots de présentation. Cette matière est incroyable et présente un nombre incalculable d’avantages. Il serait donc bien compliqué pour moi de me faire passer pour un expert mais à l’aide de mes quelques petites expériences, je peux peut être vous aider à y voir plus clair et vous conseiller sur les détails techniques à gérer autour de cette matière.
Quelques exemples « Pendant les travaux » / « Après les travaux »


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Enduite terre blanche.
Sous couche terre paille locale.


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Corps d’enduit terre paille locale.
Finition terre blanche et pigment bleu.
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Remplissage de plancher intermédiaire en terre crue.
Apport d’inertie.
Ou comment utiliser la terre comme « batterie » solaire.


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« Mur en terre coulée ».
Corps d’enduit terre paille locale.
Enduit de finition terre blanche.














